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De la quête de l’indépendance à l’intolérance: un monde fou

De la quête de l’indépendance à l’intolérance: un monde fou

Éditoriaux

La justice en Afrique est faite de curiosités à faire perdre sa virginité à une sainte. Elle est devenue l’objet de tous les commentaires tant elle offre à boire et à manger. Même les plus irréductibles, habitués aux dédales des salles d’audience y perdent parfois leur latin. Certaines salles d’audience sont devenues des théâtres où se déroulent parfois des drames humains quand ce n’est pas un spectacle à vous couper le souffle.

La justice en Afrique est faite de curiosités à faire perdre sa virginité à une sainte. Elle est devenue l’objet de tous les commentaires tant elle offre à boire et à manger. Même les plus irréductibles, habitués aux dédales des salles d’audience y perdent parfois leur latin. Certaines salles d’audience sont devenues des théâtres où se déroulent parfois des drames humains quand ce n’est pas un spectacle à vous couper le souffle.

 La justice en Afrique est faite de curiosités à faire perdre sa virginité à une sainte. Elle est devenue l’objet de tous les commentaires tant elle offre à boire et à manger. Même les plus irréductibles, habitués aux dédales des salles d’audience y perdent parfois leur latin. Certaines salles d’audience sont devenues des théâtres où se déroulent parfois des drames humains quand ce n’est pas un spectacle à vous couper le souffle. Le 27 février dernier, le procès des putschistes de septembre 2015 à Ouagadougou dans la capitale burkinabè a été suspendu alors qu’il venait à peine de commencer. Une curiosité qui a fait la une des journaux télévisés sur le continent. Le procès-  et pourtant très attendu- a duré moins de quatre heures après son ouverture. Pas moins de 84 accusés, dont les généraux Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé, comparaissaient devant un tribunal militaire pour avoir tenté, en vain, de renverser le gouvernement de transition mis en place après la chute du président Blaise Compaoré (1987-2014). Une tentative qualifiée par les Burkinabés de « coup d’Etat le plus bête du monde », qui fit 14 morts et 251 blessés.

Les avocats de la défense ont quitté la salle, arguant d'irrégularités, et le tribunal n'a pas pu se constituer. Le décor était pourtant parfaitement planté. Un cordon de sécurité avait été établi très tôt dans le très chic quartier de Ouaga 2000, autour de la salle des banquets spécialement aménagée pour l’occasion. Les personnes souhaitant accéder à la salle d’audience ont été soumises à une fouille minutieuse, appareils électroniques et caméras n’étant pas autorisés. Signe des attentes qui entourent ce procès, à l’extérieur, alors qu’un balai incessant de véhicules convoyait sous bonne escorte les prévenus pour leur comparution, un groupe de jeunes mobilisés par l’Association des victimes du Coup d’État, brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire des slogans appelant à la « Justice pour les martyrs ! » ou réclamant « que ceux qui ont tués paient pour leur forfaiture ». « Ce procès marque le début de la fin de l’impunité », se réjouissait alors le président du Mouvement burkinabè des Droits de l’homme et des Peuples, Chrysogome Zougmoré, quelques minutes avant le report. Au total, 307 personnes se sont constituées partie civile, dont des membres du gouvernement de la Transition, le ministre d’État Simon Compaoré ou encore le défunt Salif Diallo, dont le domicile avait été détruit par un tir de roquette. Plusieurs témoins, comme le général Pingrenoma Zagré, ancien chef d’état-major général des armées, Cherif Sy, président du Conseil national de la Transition et actuel Haut-représentant du chef de l’État ou encore Mgr Paul Ouédraogo étaient également présents à l’audience.

En face, côte-à-côte sur le banc des accusés, Gilbert Diendéré et Djbrill Bassolé, considérés comme les cerveaux du coup d’État manqué, affichaient pourtant une mine sereine. Le premier, ex-bras droit du président Blaise Compaoré, en fuite après sa chute en 2014, avait pris la tête du Conseil national pour la démocratie (CND) au lendemain du coup de force perpétré par la garde présidentielle. Il est poursuivi pour « attentat à la sûreté de l’État », « meurtres » et « coups et blessures ». Finalement, l’audience aura été suspendue avant même d’avoir pu entrer dans le vif du sujet. Me Mathieu Somé, avocat principal du général Diendéré, a immédiatement attaqué la légalité même du tribunal, se livrant avec le juge Seydou Ouédraogo à une passe d’arme qui laisse augurer de l’ambiance houleuse qui risque fort de marquer les débats à venir. « Nous insistons pour savoir si c’est la bonne juridiction qui est devant nous ! », a lancé l’avocat s’appuyant notamment sur une disposition modifiée en juillet dernier qui fixe les conditions de constitution de la Chambre de première instance. « On nous demande de comparaître devant une chambre qui n’existe pas », a accusé l’avocat, qui a remis en cause la validité du décret de nomination du président du tribunal. Voilà donc un procès attendu comme le procès contre l’impunité par tout un peuple qui est renvoyé pour cause d’illégalité d’une juridiction nommée par le politique qui connaissait pourtant les règles du jeu et l’importance et les enjeux du procès. L’on est à se demander si ce politique a toutes les compétences ou tout simplement s’il a fait exprès de designer les membres d’une juridiction sans tenir compte de la loin burkinabè. Quid du verdict attendu ? Il faudra bien s’attendre que ce verdict soit bruyamment contesté par ceux qui contestent aujourd’hui la légalité de cette même juridiction.

Invité du journal Afrique de la chaine de télévision TV5 Monde en janvier dernier, Me Mamadou Ismaela Konate, l’un des avocats les plus respectés du contient et éphémère ministre de la justice du Mali, s’est prononcé sur la situation de la justice en Afrique et n’est pas passé par quatre chemins pour la peindre comme elle se présente aujourd’hui. A la question : « la justice peut-elle être indépendante en Afrique ? », les réponses semblent unanimes : « la justice en Afrique peine à trouver son indépendance. Et quand le pouvoir et les puissants s’y mêlent, le droit sort par la fenêtre. » Dans sa longue marche vers le développement, cette problématique préoccupe tous ceux qui travaillent pour une Afrique politiquement stable et économiquement viable. C’est pour y contribuer que nous y avons consacré tout un dossier que vous pouvez lire de la page….à la page…..A partir des questions que nous nous posons tous notamment celles-ci : Pour qui dit-on le droit sur le continent ? Les justiciables africains sont-ils tous égaux devant la loi ? D’où vient le mal de la justice en Afrique ?,  Afrik’Actuelle a voulu revenir sur ce sujet préoccupant, conscient que le développement  du continent dépendra en partie de sa capacité à faire fonctionner sa justice, à la rendre plus efficace et indépendante.

 

La question de l’indépendance de la justice, il faut le reconnaitre, n’est pas la préoccupation des seuls Africains. Les déboires de Tariq Ramadan en France et son exploitation par la justice de pays laisse interrogateur. Alors que les ministres accusés des mêmes délits sont laissés en liberté -même pas interrogés par la police-, l’islamologue est maintenu en prison malgré quelques éléments qui le disculperaient. C’est ce que beaucoup ont appelée « une justice à deux vitesses ». Et des voix s’élèvent aujourd’hui pour demander à la justice française qu’elle dise qui elle juge. L’individu Tariq Ramadan ou le musulman ? A raison d’ailleurs car il y a aujourd’hui au pays de Macron une montée de l’islamophobie accompagnée d’une intolérance qui ne s’accommode plus de ce multiculturalisme que certains appellent de tous leurs vœux.

Par Simon MOUSSI

La justice en Afrique est faite de curiosités à faire perdre sa virginité à une sainte. Elle est devenue l’objet de tous les commentaires tant elle offre à boire et à manger. Même les plus irréductibles, habitués aux dédales des salles d’audience y perdent parfois leur latin. Certaines salles d’audience sont devenues des théâtres où se déroulent parfois des drames humains quand ce n’est pas un spectacle à vous couper le souffle. 

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