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Élections en Libye : un acteur politique redoute des fraudes

Élections en Libye : un acteur politique redoute des fraudes

Falsification de pièces d‘état-civil, enregistrement d‘électeurs fictifs, …. Selon Mahmoud Djibril, chef d’un groupe de partis politiques, les élections prévues en décembre pourraient être entachées de graves irrégularités.

Il est entré dans l’histoire pour avoir assuré de mars à novembre 2011 les fonctions de président du Conseil national de transition (CNT) au moment où des insurgés libyens soutenus par les pays occidentaux dont la France luttaient contre Kadhafi.

Aujourd’hui président de l’Alliance des forces nationales (AFN), une coalition de partis politiques formée en 2015, Mahmoud Djibril se dit favorable à la tenue des élections conformément à l’engagement pris en mai dernier à Paris par les deux factions rivales en Libye. Mais l’ancien président du CNT veut des élections exemptes de toute irrégularité. « Nous ne sommes pas contre les élections. Cependant, nous voulons que ces élections soient transparentes et basées sur des bases techniques très solides », a-t-il déclaré.

« Pas d‘élections transparentes dans ces conditions »

Citant des sources proches des services d‘État-civil qui émet des numéros d’identification, Mahmoud Djibril déclare avoir identifié plusieurs dysfonctionnements dans le processus d’identification des personnes. « Beaucoup de cas de décès n’ont pas été signalés, de nouveaux numéros d’identité ont été émis, trop de fausses familles ont été enregistrées, trop de faux fils et de fausses filles ont été ajoutés à certaines familles uniquement pour bénéficier des allocations accordées par la banque centrale », déplore Djibril.


Et de poursuivre : « Si nous allons aux élections avec de faux numéros d’identification et de faux électeurs, cela signifie que les résultats des prochaines élections ne seront pas transparents », a-t-il déclaré.

Si aucune explication officielle n’est pour l’instant disponible malgré les efforts du correspondant de Reuters, Mahmoud Djibril estime que le problème de fausses pièces d’identité dont le nombre serait largement supérieur à la population locale (près de 6 millions d’habitants) devrait d’abord être résolu. « Une enquête approfondie est nécessaire. Les auteurs ou complices devraient être traduits en justice », suggère-t-il.

Si ces élections sont censées être une occasion de rétablir l’ordre institutionnel et restaurer la stabilité politique d’antan, plusieurs conditions devraient au prélable être remplies. Le cas du volet sécuritaire, notamment le désarmement qui représente un « gros défi », selon Ghassan Salamé, émissaire de l’ONU en Libye.

Afrikactuelle.com avec Agences