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Hommage à Winnie Mandela : l’amazone de la liberté

Hommage à Winnie Mandela : l’amazone de la liberté

Décédée le 02 avril 2018, Winnie Madikizela Mandela, l’incontestable diva politique de l’Afrique du Sud, a été inhumée le samedi 14 avril 2018. Dans un Orlando Stadium qui avait réuni plus de 35 000 personnes venues rendre un ultime hommage à leur idole, l’on retrouvait les plus hauts représentants de l’Etat, le Président Cyril Ramaphosa en personne, les membres du Congrès National Africain, sans oublier ceux aussi visibles qu’audibles, de l’Economic Freedom Fighters (EFF), conduits par leur leader, Julius Malema.

Les cérémonies se sont déroulées à l’image même de la vie de celle qui a quitté ce monde à l’âge de 81 ans et que cette foule bigarrée était venue célébrer : Il y avait de la pugnacité, de la défiance et de la détermination dans les différents propos tenus par la plupart des intervenants.
La présente réflexion se donne pour objectif principal de rendre hommage à une amazone, à une guerrière de la liberté et de répondre à au moins trois questions principales que pourraient se poser de nombreux observateurs de la scène socio-politique du pays de Nelson Rolilhalha Mandela, l’illustre ex-époux de la disparue.

1- Qui était réellement Winnie Mandela ?
2- Pourquoi ses actions ont-elles suscité tant de controverses ?
3- Que retenir en fin de compte de son passage sur cette terre en général et en Afrique du Sud en particulier ?
Chacune de ces questions sera abordée à tour de rôle :

Qui était réellement Winnie Mandela ?

Nomzamo Winifred Zanyiwe Madikizela est née le 26 septembre 1936 dans le village de Bizana, situé dans l’actuelle province du Cap-Oriental, rebaptisée Transkei sous l’odieux régime raciste de l’Apartheid.
Dotée d’un physique particulièrement avenant, elle travaille d’abord dans l’administration du Banstoustan (« république » noire artificiellement créée par les autorités racistes blanches). Elle quitte sa région natale dès la vingtaine atteinte, pour obtenir un diplôme de travailleur social décerné par l’école Jan Hof Meyer de Johannesburg. Elle sera la première noire à avoir cette formation dans le pays. Obstinée et volontaire, adepte de l’école de la persévérance et de l’effort, elle obtiendra une licence en relations internationales de la très prestigieuse université de Witwatersrand à Johannesburg, dans la province du Transvaal.

Winifred Madikizela était donc dès sa jeunesse, une personne bien scolarisée, bien éduquée et très tôt politisée à la faveur des nombreuses injustices et humiliations quotidiennement subies par elle-même et ceux de sa race. Loin d’être la femme « belle mais sans substance » que prétendaient cerner plusieurs observateurs de la scène sud-africaine, Winnie Madikizela appartenait plutôt à la très exclusive classe intellectuelle féminine noire de son pays des années 1960. C’était une élite de SOWETO.
Sa vie bascule définitivement lorsqu’à l’âge de 22ans. Alors qu’elle attend tranquillement son tour à un arrêt de bus public de Johannesburg, passe à sa hauteur, un certain Nelson Mandela au volant de sa rutilante voiture. Le sang du jeune avocat ne fait qu’un tour et ce dernier, à la vue de la ravissante jeune fille, décide de lui proposer de l’accompagner à sa destination finale de ce jour. Nous sommes en 1958.
C’est le coup de foudre sentimental sans aucun doute, mais aussi politique car le couple qui s’unit le 14 juin 1958, et dont l’écart d’âge entre les époux est de 20 années, partage en sus de leur idylle, une passion commune : les idéaux, les combats et les objectifs de l’African National Congress (ANC) ou Congrès National Africain en français.
La jeune épouse qui met au monde deux filles, découvre bientôt que son mari compte parmi les fondateurs de la Ligue des Jeunes de l’ANC créée en 1944 avec ses compagnons politiques tels que Anton Lembede, Walter Sisulu et Olivier Tambo. Au plan idéologique, elle adhèrera totalement aux positions de cette faction qui fustige alors haut et fort la « mollesse » de la vieille garde de l’ANC (qui est le parti le plus ancien d’Afrique, pour avoir été créé en 1912) et qui semble s’accommoder d’une simple demande de participation des Noirs à la gouvernance du pays «sans autant remettre en cause la domination blanche »1.
Paradoxalement, ce que cet épisode du début de la vie du couple révèle, c’est plutôt la fidélité idéologique de Winnie à la ligue dure de l’ANC de jeunesse de ses bouillants leaders d’alors. Le changement de cap a plutôt été opéré par les anciens adeptes de l’ANC de jeunesse et pas le contraire.

Cependant, force est de reconnaitre que les réalités des années 1940 n’étaient manifestement plus celles des décennies 1960 et 1970. Winnie Mandela n’était certainement pas prête à être l’avocate des réajustements stratégiques au sein de son parti. D’où sa quasi-stigmatisation voire diabolisation dans l’univers de l’Afrique du Sud blanche gouvernementale et raciste des années 1960 et 1970.
Pourquoi ses actions et ses prises de position ont-elles suscité tant de controverses ?
De toute évidence, chaque analyste pourrait répondre à ce questionnement au gré de sa propre sensibilité d’une part et au vu des éléments d’information divers en sa possession d’autre part.
Au moins trois explications pourraient servir de points d’ancrage pour tenter de comprendre les raisons de la persistance de la réputation sulfureuse que s’est taillée Winnie dans de nombreux cercles du pouvoir et de la presse caucasiens de son pays.

Il y a, en premier lieu, le contexte politico-juridique particulièrement cruel qui caractérisait le comportement de l’Etat raciste Sud-africain dans les années 1960-1980. En deuxième lieu, il ne serait pas superflu de souligner les énormes charges sociales, financières et légales qui pesaient de plus en plus sur les frêles épaules de la jeune épouse, et qui se sont graduellement muées en responsabilités politiques importantes au fil du temps. Comme l’affirme avec justesse le journaliste sud-africain Ahmed Sulé du Daily Maverick de Johannesburg (publié le 8 avril 2018), « Winnie Mandela fut, pendant toutes les années de détention de son mari, le visage et la voix de celui-ci, dans son rôle éminent de mobilisatrice de l’opinion nationale et internationale en faveur de la lutte contre les injustices criardes perpétrées par le régime de l’Apartheid »2. Enfin le rôle particulièrement cynique et manipulateur des différents appareils d’Etat ainsi que des mass media, qui mérite également d’être abordé dans la panoplie des explications pouvant être retenues pour mieux comprendre le climat de controverse qui a entouré l’existence de Winnie Mandela.

Commençons par le contexte impitoyable du système pervers de l’Apartheid comme environnement juridico-politique de madame Mandela d’abord.
Tout le monde s’accorde pour situer la période du début du calvaire de la jeune épouse Winnie au jour de la condamnation de son mari lors du tristement célèbre procès du (de) Rivonia, le 11 juin 1964. Mais c’est oublier que pour Winnie et ses deux fillettes, la réalité des faits est tout autre : elles sont toutes trois privées de leur mari et père dès le 05 Aout 1962, quand Nelson Mandela est arrêté à Howick, dans le Kwazulu Natal après son voyage « illégal » dans plusieurs pays d’Afrique. Il est incarcéré pour « sabotage » et « rébellion vis-à-vis de l’Etat ».
En définitive, ce n’est donc pas 27 ans de privation de liberté que subit Nelson Mandela, mais bien 29 années d’impossibilité de vie commune qu’impose l’Etat raciste d’Afrique du Sud au jeune couple et à leurs enfants. Ils ne connaitront une vie se rapprochant à une vie de famille normale que durant quatre brèves années.
En outre, au plan géographique, l’incarcération des prisonniers de Rivonia, qui est une banlieue de Johannesburg, est décidée par l’Etat pour être purgée dans le sinistre bagne de Robben Island, à quelques encablures de la ville du Cap. Il s’agit d’une île entourée de requins.

La distance entre Johannesburg où réside Winnie et la région du Cap où est incarcéré Nelson, est de 1 398 kilomètres exactement, soit 14 heures de route en empruntant un véhicule en très bonne condition de marche3. La loi régissant les visites aux prisonniers autorisait deux (02) visites par an pour les épouses des détenus politiques de catégorie D à raison d’une tous les six mois, lesquelles ne pouvaient excéder 30 minutes chacune et devaient se dérouler au moyen d’un interphone en présence des gardiens de prison dont le rôle consistait à suivre de près toutes les conversations.
Il n’est peut-être pas superflu d’ajouter à ce tableau déjà peu reluisant que l’autorisation « officielle » signifiée aux familles concernées pour effectuer le long et éprouvant déplacement (pour ce qui est de la famille Mandela) de Johannesburg vers le Cap n’était en général rendue publique que 24heures avant la date unilatéralement arrêtée par l’administration pénitentiaire.
A ces basses manoeuvres humiliantes, dégradantes et déshumanisantes, Winnie Mandela - sur qui se focalisait généralement les média - profitait de cette attention particulièrement focalisée sur elle pour manifester systématiquement sa désapprobation et son mécontentement aux pouvoirs publics. Ceux-ci se traduisaient par des refus ostentatoires d’obtempérer aux multiples injonctions des représentants de l’Etat ou des autorités pénitentiaires. C’est ce comportement jugé belliqueux, qui faisait les choux gras de la presse et des tribunaux devant lesquels elle était régulièrement traduite pour « défiance et trouble à l’ordre public ».

La réalité et l’ampleur des charges sociales qui pesaient sur la jeune épouse ensuite.

Quoique l’on dise ou que l’on pense, des deux époux du couple Mandela, la personne qui seule devait élever les deux filles, s’assurer de la bonne nutrition et de la bonne santé de la famille, au quotidien, maintenir allumé le souvenir de l’incarcération de Nelson à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Afrique du Sud, pendant 29 années sans interruption, était bel et bien Winnie Mandela. Et ce d’autant plus que de par la loi « antiterroriste » de l’Etat Apartheid qui était la loi de suppression du communisme de 1950 (Suppression of Communism Act n°44 of 1950), prononcer le nom de Nelson Mandela en public, brandir son effigie ou faire entendre le son de sa voix, constituaient des actes passibles d’emprisonnement ferme pour leurs auteurs !
En dépit de ce dispositif légal fort contraignant, Winnie Mandela n’hésitait jamais à franchir le Rubicon à chaque opportunité qui lui était offerte pour faire parler abondamment de son époux, de l’ANC et de ses convictions profondes sur une société qu’elle jugeait fondamentalement injuste et inhumaine. Pour avoir adopté cette posture jugée de « rebelle », en 1969, elle écopa d’une peine d’isolement en résidence surveillée de 491 jours qu’elle purgea à Brandfort dans l’Etat « Libre » d’Orange où se parlait une langue qu’elle ne comprenait pas. En 1977 elle fut copieusement harcelée et torturée et finalement libérée. A nouveau, pour les mêmes raisons, elle fut internée pour six mois en 1974, pour avoir refusé d’obéir à la réglementation qui lui interdisait de recevoir chez elle à SOWETO (South West Township), toute autre personne qui ne serait ni son enfant, ni son médecin traitant.

Ces surveillances rapprochées parvinrent à offrir aux structures de renseignement, l’opportunité de mieux s’infiltrer dans la vie privée de Winnie Mandela.
Le rôle cynique des appareils de répression pour discréditer Winnie enfin. Ce n’est que plus tard, à la disparition de Winnie Mandela que le monde découvre graduellement sous le poids du remord, que la quasi-totalité des accusations portées à l’encontre de cette dernière étaient de pures inventions.

Deux exemples parmi tant d’autres suffiront pour illustrer ces propos. Lors de son passage mémorable devant la Commission Vérité et Réconciliation (CVR), présidée par l’Archevêque émérite du Cap Desmond Mpilo Tutu, le Président du cabinet de lobbying dénommé Stratom, reconnu avoir effectivement reçu des financements dans les années 1970 et 1980, du gouvernement Sud-africain, pour conduire une campagne internationale de dénigrement contre Winnie Mandela qu’il fallait absolument présenter comme une dangereuse et violente terroriste de l’ANC. Cette campagne, baptisée « Romulus » par les professionnels du renseignement qui avaient été mis à contribution, impliqua la rédaction par des « journalistes » d’un genre bien particuliers, d’articles tendancieux et diffamatoires qui furent placés dans des journaux à la réputation bien établie tels que The Sunday Times, The Independent, ou encore The Daily Express. Ce sont là des révélations sorties de la bouche même du responsable du cabinet Stratom, et recueillies dans sa déposition devant la CVR à la fin des années 1990.

S’agissant de l’autre exemple, qui défraya également la chronique judiciaire et sociale, ternissant de manière considérable le prestige de la « maman de l’Afrique du Sud », il fut finalement plus tard révélé que Jerry Richardson, son ancien garde du corps qui avait longtemps affirmé avoir assassiné le jeune Stompie Seipei Moketsi (14 ans) sur ordre express de Winnie Mandela, dut revenir sur ses fausses déclarations. La vérité, telle qu’elle apparaîtra, sera la suivante : le jeune Stompie avait découvert à l’observation des actes qu’il posait que Jerry Richardson était un agent de renseignement à la solde de l’Etat Sud-africain. Il était sur le point de le trahir auprès de Winnie Mandela. D’où la décision prise par le mis-en-cause, d’éliminer de manière préventive le jeune garçon trop curieux.
En outre, il y a des signes dans la culture africaine qui ne trompent pas. Le simple fait qu’à l’annonce du décès de Winnie Mandela, la propre mère de Stompie ait demandé d’assister personnellement aux obsèques de cette dernière en déclarant haut et fort l’innocence absolue de cette dernière par rapport à la disparition de son fils est un geste qui suffit à clore de façon définitive ce débat nauséabond. En effet, qui sur cette terre, pouvait chérir la vie de Stompie plus que celle qui l’a mis au monde ?

Ces derniers développements survenus depuis peu, confirment la thèse de l’infiltration à grande échelle de l’entourage de Winnie Mandela par les services secrets de Pretoria autant qu’ils valident la thèse subséquente de la désinformation systématique soutenue depuis toujours par la native du Cap-Oriental.

Que retenir de son passage sur cette terre ?

Il faut maintenant conclure. L’objet de cet hommage n’est guère d’absoudre de tout péché ou encore moins, de « déifier » Winnie Mandela. Nous n’en avons ni l’intention ni les pouvoirs. Comme tout être humain, elle ne fut pas une sainte tout en reconnaissant sa totale condamnation de l’option retenue par son mari de prôner « la réconciliation sans condition avec la communauté blanche », à sa sortie de prison en février 1990, force est de reconnaître que son vécu quotidien pendant 29 ans, fait de harcèlements, de tracasseries, de tortures et d’emprisonnements aux mains des autorités racistes blanches ne pouvaient pas la prédestiner à d’autres choix que celui de la réponse « par la violence à la violence ».

Il reviendra à l’histoire et peut être aux citoyens de son pays de la juger. Il ne nous appartient nullement de le faire, surtout en l’absence d’éléments pertinents nécessaires à notre réelle compréhension de ses agissements dans le cadre du contexte de ces années de braises (1960-1980). Winnie Mandela mérite-t-elle un hommage appuyé de l’Afrique du Sud ou du continent Africain ? Je n’ai jamais, à titre personnel, soutenu la position de la défunte diva de Soweto défunte qui a consisté à rejeter catégoriquement l’instauration d’une Afrique du Sud multiraciale, d’une nation arc-en-ciel (Rainbow nation), telle que préconisée par son ex-époux dans son discours inaugural de Président de l’Afrique du Sud à Pretoria, le 10 mai 1994.
Je crois profondément que seules les valeurs de rassemblement, de fraternité humaine et de respect mutuel de toutes les civilisations du globe sont susceptibles de faire avancer le monde au profit de tous ses habitants.

Je pense que la couleur de la peau, la provenance ethnique d’une personne n’ont aucune sorte d’importance et ne devraient en aucun cas entrainer de discrimination. Les différences entre races et ethnies sont de réelles sources d’enrichissement mutuel. Ma conviction est que des habitants blancs arrivés au Cap en 1652 sont effectivement des africains à part entière.
Cependant, dans le cas de la disparition de Winnie Madikizela Mandela qui nous concerne, il semble important d’inviter les uns et les autres à s’abstenir de condamner une personnalité de son envergure, sans réellement connaitre le contexte, les raisons et la nature des contraintes auxquelles elle a dû faire face. En termes de barrières à franchir, les siens furent des obstacles colossaux.
En réalité, en dépit de ses faiblesses humaines, Winnie Mandela peut-être considérée comme la seule femme au monde qui a eu à endurer le plus d’épreuves difficiles pour soutenir l’action politique et les choix idéologiques plutôt controversés à l’époque, de son époux :

Saviez-vous qu’en 27 années, cette dame téméraire a parcouru 75 492 kilomètres qui représentent deux voyages aller-retour de 1 398 km par an, pendant le nombre d’années indiqué plus haut ?
- Saviez-vous en outre que la circonférence de notre globe terrestre est, au niveau de l’équateur, c’est-à-dire à son point le plus large, de 40 075 km ? En tenant compte de cette donnée, l’on peut conclure que Winnie Mandela a personnellement effectué presque deux fois le tour du monde pour maintenir le contact familial avec son époux et pour conserver allumée la flamme de la lutte contre l’Apartheid à travers le globe.
- Saviez-vous enfin, en ne considérant que la période de détention officiellement retenue par le monde pour le prisonnier 466/64 (prisonnier n°466 de l’année 1964), que le verdict d’incarcération de son époux, prononcé le 11 juin 1964, a maintenu celui-ci 10 000 jours et 10 000 nuits loin de son foyer conjugal ?

Combien de femmes dans notre monde ont pu mobiliser l’opinion publique internationale en faveur d’une cause et d’un homme à la manière de Winnie Mandela ? Le fait que Nelson Mandela soit le seul être humain à avoir eu le privilège d’une journée internationale votée par les Nations Unies (journée du 18 juillet), ne devrait-il pas être considéré comme le couronnement de ses efforts ?
Ecoutons le témoignage rendu public en 1993 de Nelson Mandela, son époux pendant 34 années :
« La camarade Nomzamo [qui signifie en Xhosa “celle qui sais se battre“] a accepté la lourde charge d’élever nos deux enfants toute seule. Elle a été victime de la persécution du régime et a réagi avec une force exemplaire ». Qui sommes-nous donc pour la couvrir d’opprobre ?

Après ce témoignage éloquent, les africains doivent comprendre que l’histoire d’un pays ou mieux encore, celle d’un continent, se construit en mettant volontairement en exergue les qualités des héros qui en ont écrit les plus belles pages. Des hommes idéaux et des femmes idéales, sans tâches et sans reproches n’existent nulle part sur la surface du globe terrestre. Dès lors, l’urgence de repositionnement mondial de l’Afrique appelle à une relecture de l’histoire des héros africains, laquelle devra de plus en plus être appréhendée sous un prisme de la défense des intérêts africain et non plus selon des codes de lecture occidentaux. Dans cette logique, l’Afrique et sa jeunesse ont besoin d’identifier des repères historiques humain incarnés par des figures marquantes qui doivent servir de référentiels crédibles.
Pourquoi notre tendance morbide à l’autoflagellation de nos héros et héroïnes ? Qui parlera des hauts faits de nos braves prédécesseurs à nos successeurs ?
Incontestablement, Winnie Mandela, répond à ce profil héroïque et entrera dans la douloureuse histoire de l’Afrique du Sud et du continent tout entier comme une vraie amazone de la liberté.

Référence

Voir sur cette question centrale, l’étude de Vincent Darracq, La question raciale à l’African National Congress (ANC) post-apartheid. Production de discours, régulation et changement dans un parti politique, Bordeaux, Institut d’Etudes Politiques, 2010, PP.78-81.
Voir Ahmed Sulé, « Winnie Mandela, un hommage mérité ? ». Dans Courrier international, Avril 2018
Précisions fournies par le Pr René Joly ASSAKO ASSAKO, professeur de géographie et membre de l’Académie des Sciences du Cameroun, le 18/04/2018

Pr Jean-Emmanuel PONDI,
Professeur titulaire des universités de Sciences politiques et de Relations internationales,
Doyen du Collège des Sciences Sociales de l’Académie des Sciences du Cameroun.