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Elections Communales 2018 en Belgique: Rencontre avec Ghislaine Molaï

Elections Communales 2018 en Belgique: Rencontre avec Ghislaine Molaï

Au sein du PS de Schaerbeek et candidate aux communales de 2018, Ghislaine MOLAI travaille au quotidien au Cabinet du Ministre-Président de la Région de Bruxelles-Capitale, Rudi Vervoort. Une tâche qui n'est pas de tout repos, lorsqu'on connait le contexte médiatico- politique de la Région de Bruxelles-Capitale. Présidente de CIProC asbl qui travaille depuis de longue date à Schaerbeek dans les domaines de l'insertion socioprofessionnelle et de la formation, elle est une figure incontournable de la diaspora. AFRIK'ACTUELLE est allé à la rencontre de Ghislaine MOLAI. Elle nous donne son sentiment en cette période de campagne relative aux élections communales du 14 octobre prochain en Belgique.

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AFRIK'ACTUELLE: On vous voit depuis plusieurs années impliqués dans plusieurs projets liés à l’emploi et à l’éducation des jeunes bruxellois. Où en êtes-vous actuellement dans ceux-ci?

Ghislaine MOLAÏ: Via l’ASBL CIProC que je préside, nous avons renforcé les mécanismes pour accompagner les jeunes chercheurs d’emploi dans leurs démarches afin de trouver un travail ou de les aider à intégrer une formation pour un métier dit en pénurie. Pour ce faire, nous avons tout d’abord mis en place une permanence individuelle afin de les accueillir, les informer et les orienter. Ensuite, un espace adapté avec des ordinateurs disponibles. Ces actions concrètes remportent un franc succès.

Pour celles et ceux qui souhaitent devenir indépendant, nous organisons des ateliers d’informations pour les outiller au mieux et le cas échéant, les accompagner dans leurs démarches concrètes.

Suite à notre accompagnement, certains jeunes arrivent à décrocher un emploi, ce qui nous apporte une pleine satisfaction.ghislain molai3

AFRIK'ACTUELLE: Nous sommes actuellement en pleine période électorale pour les élections communales 2018. La Belgique se remet tout doucement des tristes évènements de mars 2016 Pensez-vous que ceux-ci auront une influence sur l'issu du suffrage au soir du 14 octobre 2018?

Ghislaine MOLAÏ:.Il est vrai que les événements de mars 2016 ont marqué toute la population belge et internationale. Je dirais même que ces blessures resteront gravées à jamais dans l’inconscient collectif belge. La population a subitement été confrontée à des phénomènes inconnus jusque-là. L’émotion a dépassé la pensée à de bien nombreuses reprises. Je ne pourrais personnellement pas oublier cette triste période car j’ai moi-même été confrontée à la perte de ma nièce lors des attentats à Maelbeek. Bien que je sois une militante active et malgré toute mon expérience professionnelle et de vie, je n’y ai pas échappée. C’était très dur.

Pour ce qui concerne les élections du 14 octobre 2018, je ne pense pas que cela aura une mauvaise influence sur le suffrage car l’émotion est retombée. N’apparaissent que les problèmes de société récurrents (logement, emploi, santé, etc…) dont une partie n’est pas de la compétence communale.

AFRIK'ACTUELLE: Le récent parcours au Mondial a véhiculé l’image d’une Belgique soudée autour de son équipe nationale puisant sa force dans sa diversité. Qu’est-ce que cela vous inspire?

Ghislaine MOLAÏ: Beaucoup de bonheur (rire!!!!). Ce fut une période vraiment magique et formidable. Notre équipe nationale a réussi l’exploit de valoriser la diversité dans le monde entier à travers les performances de nos joueurs qui sont devenus aujourd’hui de véritables modèles pour les générations futures. En effet, si un «Lukaku » y arrive, pourquoi pas les autres ? La leçon qui m’émeut est que finalement le travail paie. Ces joueurs ont travaillé durement pour atteindre ce niveau. C’est inévitablement une grande fierté de voir nos enfants issus de l’immigration porter haut et fort les couleurs de la Belgique en accord avec les autochtones. Bel exemple du vivre ensemble qui m’est cher et que je réalise quotidiennement à travers toutes les activités que je développe.

AFRIK'ACTUELLE: A votre avis quel sera l'enjeu pour ces élections du 14 octobre prochain. L'enjeu sera-t-il sécuritaire, économique ou purement social?

Ghislaine MOLAÏ: L’enjeu sera selon moi multiple. En effet, certaines communes bruxelloises, comme la commune de Schaerbeek, font face à un boom démographique. Au parti socialiste, notre priorité est avant tout répondre aux besoins de la population. Pour ce faire, nous avons fait 40 propositions (facebook.com/PS1030).

Ghislaine MolaiPour ma part, je défends l’augmentation de l’offre de logements sociaux et des logements à prix modérés, la gratuité de l’enseignement, des crèches et des repas chauds.

L’accès à l’emploi décent pour tous y compris les minorités, encore et trop souvent discriminés, reste mon combat principal.

L’accès à la médecine de proximité est également très important pour moi car je constate qu’aujourd’hui que beaucoup de familles doivent faire un choix entre se soigner ou se nourrir. Je pense également à toutes ces familles monoparentales qui éprouvent de grosses difficultés sur tous les plans. Il est important que la commune puisse prendre des mesures spécifiques à leur attention.

AFRIK'ACTUELLE: Il y’a fort longtemps que le Parti Socialiste n’a pas été aux affaires à Schaerbeek. Pensez-vous que cette énième tentative sera la bonne?

Ghislaine MOLAÏ: Nous l’espérons !!!! (rire). Nous faisons tout pour ! Aux élections précédentes, nous avions fait un bon score. Depuis 2006, nous sommes passés de 5 à 13 sièges. A présent, nous verrons notre résultat mais notre expérience nous a montré que ce n’est pas le score qui permet une entrée dans la majorité. Nous espérons que pour les Schaerbeekois, des réponses concrètes leur soient apportées.

AFRIK'ACTUELLE: Reconnaissez quand même que l’absence de Madame Laurette Onkelinx pourrait peser...

Ghislaine MOLAÏ: Oui effectivement, son absence se fera probablement sentir mais le Parti socialiste mise sur le renouveau. D'ailleurs parmi nos candidats, plus de la moitié sont des jeunes dont notre tête de liste, Matthieu DEGREZ, jeune avocat d’une trentaine d’années.

AFRIK'ACTUELLE: D’une génération à une autre, un constat subsiste: la faible représentation des belges d’origine subsaharienne à des postes-clés en politique malgré la multiplication des candidatures. Que faire selon vous pour résoudre ce problème récurrent?

Ghislaine MOLAÏ: Faire de la politique pour moi n’est pas simplement figurer sur une liste électorale pour disparaitre ensuite. Or c’est ce que font hélas certains candidats. Il s’agit tout d’abord de défendre des convictions. Pour ce faire, le militantisme est indispensable et à chacun son domaine de prédilection. Un parti fait appel à ses militants actifs lorsque des postes sont vacants à travers les sections. Je prends pour exemple ma section à Schaerbeek. Je fais le triste constat que les subsahariens sont absents aux différentes activités organisées. Or ils sont tous invités sans exception. En tant que mandataire, je me retrouve très régulièrement seule à ces activités. Pour répondre à votre question, ce problème sera résolu lorsque l’implication effective (et non de la figuration) de la communauté subsaharienne sera massive.

AFRIK'ACTUELLE: Apres plusieurs années en retrait de la vie politique, quelle a été votre motivation à concourir pour ces élections communales?

Ghislaine MOLAÏ: A quel retrait faites-vous allusion? Je n’ai jamais quitté la vie politique et associative. J’ai été candidate en 2006 et 2012 aux élections communales. La municipalité est ma priorité car elle est la plus proche du citoyen. Par ailleurs, j’ai toujours été très active durant les élections régionales et fédérales des années antérieures où j’ai soutenu les têtes de liste et encadré les candidats d’origine subsaharienne.ghislain molai4

AFRIK'ACTUELLE: Quels sont selon vous les points forts de votre famille politique locale pour ces communales 2018?

Ghislaine MOLAÏ: Nous proposons quatre axes prioritaires pour faire bouger les lignes:

  • Agir pour plus d’égalité entre les Schaerbeekois: la lutte contre la discrimination, les politiques de santé et d’alimentation durable pour tous.
  • Agir pour plus de cohésion entre les Schaerbeekois.es: le développement économique local et de l’emploi local, l’amélioration du cadre de vie deproximité…
  • Agir pour le logement: l'accès au logement social, au logement moyen, intergénérationnel, partagé,d’urgence.
  • Agir pour la mobilité: une mobilité plus durable et adaptée aux besoins des Schaerbeekois.es

AFRIK'ACTUELLE: Avec quel parti souhaitez-vous faire une majorité politique et former l'exécutif communal si vous avez la main à la sortie des urnes?

Ghislaine MOLAÏ: En tant que socialiste, j’opterais pour les partis progressistes.

AFRIK'ACTUELLE: Vous êtes d'origine congolaise et il ne vous a pas échappé qu’en fin d’année devrait se tenir des élections présidentielles après de multiples tentatives avortées. Quel commentaire faites-vous de cette situation ?

Ghislaine MOLAÏ: La situation du pays est très dramatique et j’ai beaucoup de tristesse de voir dans quelles conditions de misère sont plongés les congolais aujourd’hui. J’espère que les élections pourront se réaliser cette fois-ci car comme vous dites, il y a eu plusieurs tentatives avortées. Mon souhait est que l’opposition puisse se mettre d’accord sur le choix d’un candidat unique commun qui aime son pays, seule chance de remporter les élections et d’apporter un changement à la population.

AFRIK'ACTUELLE: Le mot de la fin?

Ghislaine MOLAÏ: La crise économique touche TOUS les citoyens mais la communauté subsaharienne est frappée doublement. J’invite les subsahariens à prendre leur vie en main car rien ne leur « tombera du ciel ». La vie n’est que combat. C’est ce que je me suis attelée à faire toute ma vie.

L’accès à l’emploi est mon cheval de bataille. Je sais que la discrimination raciale est encore trop présente. C’est pourquoi, je prône un système de quota PROVISOIRE le temps de changer les mentalités. Nous avons eu à observer ce système de quota chez les femmes, qui a bien fonctionné. Et aujourd’hui, au collège Communal, la parité est obligatoire. Idem pour les listes électorales.

J’invite tout le monde à militer dans un parti, une association ou autre structure, à se faire connaitre, à amener ses idées, à participer aux débats et le moment opportun, vous serez amené à récolter ce que vous avez semé. Et pour terminer, ceux qui veulent me soutenir peuvent voter pour moi (liste 5 - candidate numéro 12).

Afrik' Actuelle