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Jeu, Mai
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Cameroun – Diaspora : Ces musiciens batteurs camerounais qui ont influencé la scène internationale

Cameroun – Diaspora : Ces musiciens batteurs camerounais qui ont influencé la scène internationale

Si le Cameroun est une « terre de Bassiste » comme le mentionnait Edouard De Ganay dans son documentaire réalisé à Douala-Cameroun en Avril 2016, il n’en est pas de moins pour les musiciens batteurs.

Des virtuoses de la Basse camerounaise, tels que Richard Bona, Vicky Edimo, Armand Sabal Lecco, Jean Dikotto Mandengue, Etienne Mbappe… etc, ont porté haut l’image des musiciens camerounais de par le monde. Il en est de même pour bon nombre de batteurs aussi talentueux et exceptionnels les uns des autres qui ont fait parlé du Cameroun à travers leurs talents. Quelques-uns d’entre eux sont repris ici avec un aperçu de leur parcours artistique.

Félix Sabal Lecco

Né dans une famille aristocrate camerounaise, rien ne le prédestinait à une carrière de musicien. Il se fait connaître d’abord comme bassiste sous l’influence de son frère Roger qui lui prodiguait des astuces. Pourtant « Féfé » comme l’appellent ses proches, fera le tour du monde à la batterie aux côtés d’artistes prestigieux. En 1990, il enregistre à la batterie sur The Rhythm of the Saints de Paul Simon. Avec son petit frère Armand, Il participe à plusieurs tournées au côté de Manu Dibango en tant que bassiste puis batteur, échangeant sa place avec son frère. Début des années 2000, il compose

différentes musiques de ses documentaires et de ceux d'autres réalisateurs. Son groove et son feeling des plus audacieux lui vaut l’honneur d’accompagner un bon nombre d’artistes des plus célèbre à travers le monde. Sting, Peter Gabriel, Prince, Paul Simon, Janet Jackson, Snoop Dogg, Lenny Kravitz, Sade, Jeff Beck, Herbie Hancock, Manu Dibango, Salif Keita, Youssou N'Dour, Alan Stievell, Carol King, Joao Bosco, The Brecker Brothers... et bien d'autres lui feront régulièrement confiance.

Guy Nwogang

Ce prodige de la Batterie voit le jour en 1978 à Kumba au Cameroun et s’installe en France début des années 2000. Très tôt à l’âge de huit ans il développe une affinité pour la batterie. A quatorze ans, il est batteur titulaire de l’orchestre de son lycée et enchaine des balades nocturnes dans les cabarets, les piano-bars pour approfondir, améliorer et parfaire mon jeu. Il est copté comme batteur du cabaret "ôzila", et accompagne les stars et musiciens locaux en vogue à l’instar de la regrettée Anne-Marie NDZIE. A l’âge de dix-huit ans, il signe son premier contrat au Hilton Hôtel de Yaoundé en compagnie d'un quartet de jazz pendant deux ans, avec lequel il interprète tous les standards de jazz. La fin des années 90 marque le début de son aventure internationale pour une tournée de trois mois en Allemagne avec le groupe "Otoulbaka". Puis l'enregistrement de l'album "be za boa" d'Anne-Marie NDZIE ainsi qu'une tournée en France, Belgique, Hollande et Allemagne. Il retourne ensuite en France pour participer à une session de formation musicale de deux ans à "AKANGA music school". C’est ainsi qu’il va enchainer des tournées à travers le monde aux côtés de Manu Dibango, Djamel Laroussi, Steve Wonder, Magic System, Mc Solar, Salif Keita … et bien d’autres. Riche de ses rencontres artistiques à travers le monde, il développe une passion pour la pédagogie et publie « Cam Rythmes Air Lines », une méthode d’apprentissage des rythmes camerounais.

Christian Bourdon

Issu d’une famille de musiciens, Christian débute très tôt la musique avec le chant dans les chorales des églises puis prend des cours de guitare avec son oncle « le légendaire Bokali Jean ». Le virus musical le conduit à la découverte de nombreux instruments et différents univers musicaux. A l’âge de neuf ans Djana Tebedé Steve, batteur de l'orchestre national du Cameroun fait appel à lui pour le remplacer dans un Club. En 1976 il a 11 ans et il est nommé chef d'orchestre au Collège ''Charles Atangana'' avec lequel il fait des reprises de James Brown, Miles Davis, Camed, Tom Brown, Isaac Hayes, Billy Cobham, Stanley Clarke, Jimmy Smith…etc. il enchaine des tournées nationales avec l'Orchestre National du Cameroun, ''The Bil's Fire'', ''Music Video Paradise'' et Théodore Epémé alias ''Zanzibar'', le grand guitariste-chanteur camerounais. Il débarque en France en 1984 et signe, trois ans plus tard, une convention pour ouvrir une école de musique avec la marque Sonor à Besançon. Il développe des méthodes d’apprentissage de rythmes africains et crée « Akanga Musique School » en 1999. De grands noms de la batterie passeront par-là tels que Tchounga Paul (USA), Tata Mengou (Zurich), Alix Ewandé (France), Nwogang Guy (France), Emilio Valdez (Espagne), Earl Talbot Junior (Chicago), primé meilleur élève de l’Université de Musique « Lawrence » à Wisconsin …etc. Il fait le tour du monde et acquière une expérience et un savoir-faire musical étonnant de diversité, qu’il met au profit de formations telles que Ettoya, Camer, Red House, Akanga. Il écume les scènes des plus grands festivals de musique à travers le monde avec des groupes tels que les « Driffters », « Soul Full dynamics » et accompagne Tom Steven, Jim Chalin, Ben’s Belinga, Pat Méthény, Garou, les 100 voix (formation Gospel en tournée dans le monde entier). En 2004, Il devient dépositaire exclusif de la marque de cymbales Turkish et s’associe avec André Nkouaga pour former leur groupe Ettoya.

Ebeny Donald Wesley

Ce natif de Yabassi, désormais de regretté mémoire tira sa révérence dans l’après-midi du 19 septembre 2016 à Yaoundé. Ebeny a fait l'unanimité sur son talent auprès de ses pairs. Steve Ndzana, batteur de l'orchestre de la CRTV à la retraite confiera : « C'était un excellent musicien sur le plan technique, un précurseur, un révolutionnaire du rythme Makossa après les indépendances. C'est le seul batteur qui a marqué la musique camerounaise ». Il s’intéresse à la musique dès sa tendre enfance alors qu’il est encore élève à l’école primaire. Quelques années plus tard il commence à jouer dans des cabarets à Bafang. Il fait partir de ceux-là qui ont écrit les plus belles pages du Makossa avec le groupe qu’on a appelé l’« équipe nationale du Makossa » animée entre autre par Toto Guillaume, Aladji Touré …etc. Il s’est produit avec plusieurs artistes locaux à l’instar de Dina Bell, Ben Decca, Kotti François, Mango, Ndedi Dibango, Douleur, Richard Bona et bien d’autres. De grands ténors de la musique américaine à l'instar de Stevie Wonder, Lionel Richie, le producteur Joe Adams feront appel à lui pour de multiples collaborations.

Brice Wassy

Il commence‚ sa carrière en jouant sur des casseroles et des poêles à frire. Il se retrouve à 7 ans au sein d'un orchestre de quinze musiciens dans un club de Yaoundé. Il jouera dans différents orchestres camerounais jusqu'à l'âge de 12 ans, et depuis lors il n’a plus quitté le monde de la musique. Arrivé à Paris en 1974, il joue avec Wally Badarou puis avec Manu Dibango durant six ans. L'enregistrement de l'album "Waka Juju" en 1991 met en valeur ses qualités, dès lors largement reconnues dans le milieu musical. A partir de 1994, Brice Wassy sera durant six ans directeur musical de l'orchestre de Salif Keita, après avoir participé à l'enregistrement de l'album "SORO", puis jouera régulièrement avec Myriam Makeba. Il fait partie de Tam-Tam l'Europe (orchestre de 9 batteurs), et on le rencontre fréquemment sur les meilleures scènes de jazz à Paris. On trouve ensuite dans son parcours les noms de Pierre Akendengé‚ (Gabon), Francis Bebey (Carneroun), Uta Bella (Cameroun), Touré Kounda (sénégal), Daniel Balavoine, Louis Chédid et Jacques Higelin (France), etc… mais aussi des jazzmen qui apprécient sa maitrise de la musique ternaire, comme Colin Walcott, Don Cherry et Jim Pepper (USA). Habité par les diverses rythmiques de sa terre d'origine, le Cameroun, et par tout ce qu'il a joué ailleurs, Brice Wassy commence à écrire sa propre musique, celle-ci séduit très vite. Il est co-producteur de l'album de Jean-Luc Ponty dont il trouve les musiciens et compose la plupart de ses morceaux dont celui qui a donné son titre à l'album "Tchokola". Aujourd'hui, Brice Wassy déploie toute la richesse de cette musique profondément enracinée en Afrique, mais ouverte à toutes les rencontres.

Guy Bilong

Né au Cameroun, au sein d'une famille pieuse et nombreuse, Guy Bilong choisit dès son plus jeune âge de devenir musicien, et surtout un musicien du plus haut niveau. "La musique, que la musique et tout pour la musique", telle est sa devise. C'est à l'âge de 8 ans qu'il se retrouve dans les bras de l'excellent batteur de la star américaine James Brown. Au cours de sa tournée camerounaise, ce dernier lui offrira, comme souvenir, ses célèbres baguettes qui ont hypnotisé tant de personnes. Ce fameux cadeau l'incitera à vivre la même passion que celui qui restera désormais son idole de toujours. Quelques années plus tard, avec une bande de copains du lycée, il impose sa force de frappe en accompagnant les plus grandes vedettes à travers le pays. Il débarque à Paris après de nombreuses tournées sur le continent africain dans l'ombre des barons de la musique africaine, tels que Fela Ramson Kuti, Alpha Blondi, Mory Kante, Manu Dibango pour ne citer qu'eux. En 1990, il monte son propre groupe avec quelques amis, les Camerlog's. Le premier album, Makossa Connection est vendu à plus de 300.000 exemplaires et consacré "Disque de l'année" par les médias africains. De 1991 à 1993, le groupe multiplie les concerts des Etats-Unis à l'Australie, du Canada au Brésil, de l'Allemagne au Portugal, en passant par la Belgique, la Hollande, la Suède, l'Italie, la France et plusieurs pays d'Afrique. En 1995, il récidive avec la sortie de son 1er album solo, intitulé "Vibration", comme pour marquer à jamais de son empreinte les hautes sphères de la galaxie "Makossa". En 2000, Il monte avec Bachot Muna le groupe Vibration. En 2014, il ouvre son studio moderne d’enregistrement dans une banlieue parisienne. GB Prod est un studio d´enregistrement ouvert à toutes les nations et tous les rythmes du monde.

Par Danick NOUBISSIE