11
Mar, Déc
7 New Articles

Cameroun: Le ministère des PME au cœur du dispositif de lutte pour le développement économique du pays

Cameroun: Le ministère des PME au cœur du dispositif de lutte pour le développement économique du pays

Le ministère camerounais des petites et moyennes entreprises, de l'économie sociale et de l'artisanat. Tout un dispositif qui participe, de la plus belle manière, au développement de l’économie de ce pays mais reste mal connu des Camerounais.

Laurent Serge Etoundi Ngoa, le chef de cet important département ministériel a procédé le 20 septembre dernier à l'installation de la première cellule de coordination provisoire de la pépinière d’entreprises à Edéa, citée industrielle, située à une cinquantaine de kilomètres de Douala, la capitale économique du pays. Une structure très attendue qui entre dans le vaste de programme de développement de l’entrepreneuriat initié par le ministère en charge des petites et moyennes entreprises, l’économie sociale et de l’artisanat au Cameroun.

Une pépinière d’entreprises pour booster l’entrepreneuriat

Edéa, ce 20 septembre 2018, était au centre des attentions du monde de l’entreprise. Une foule composée des autorités administratives de la région du Littoral et de l’élite politique locale s’est massée autour de Laurent Serge Etoundi Ngoa qui installait la première équipe de coordination du Technopole dont les travaux ont commencé en 2014.

Le Cameroun tient ainsi sa pépinière d’entreprises. Il s’agit d’un complexe construit sur une superficie de six hectares et composé d’un incubateur d’entreprises, un centre de formation et une pépinière d’entreprises pour un coût total de 3,2 milliards de F CFA. Pour le gouvernement camerounais, cette structure qui a été construite à Edea, ville industrielle qui abrite déjà un barrage hydroélectrique et une usine de transformation de l’aluminium, va lutter contre le chômage, en particulier chez les jeunes, développer l’emploi local et pérenniser les jeunes entreprises. M. Etoundi Ngoa a tenu à faire savoir que cette pépinière sera un lieu d’accueil, d’hébergement, qui proposera un accompagnement et un

suivi pendant les phases de création et de démarrage de l’entreprise hébergée. Il s’agit donc d’un environnement privilégié offert aux créateurs d’entreprises en phase de démarrage, qui pourront y bénéficier d’une aide en matière de gestion, de finance et de mise en réseau, a expliqué le ministre. L’incubateur d’entreprises qui fera partie de la pépinière, accompagnera les porteurs de projets et les aidera à mûrir leurs idées, et à porter leurs projets à maturité en traversant sereinement toutes les étapes qui conduisent au développement de l’entreprise. Le centre de formation, autre élément de cette pépinière, organisera des cycles de formation spécifiques à l’intention des jeunes entrepreneurs. On ne demandait pas mieux à ce département ministériel qui, il faut le reconnaitre, est au cœur du dispositif de lutte pour le développement de l’économie camerounaise.

Un acteur majeur de l’économie camerounaise

« Il n’y a pas d’économie, de développement sans les petites et moyennes entreprises (PME) », c’est le commentaire d’un internaute à la suite du passage du ministre des PME, en invité du journal, sur la télévision publique camerounaise le 17 septembre dernier. Passage au cours duquel Etoundi Ngoa a eu l’occasion d’expliquer la politique du gouvernement en matière de développement des entreprises. Il faut rappeler que ce département ministériel dont les missions s’adossent sur un décret présidentiel portant son organisation, est chargé de l’élaboration, de la mise en œuvre et de l’évaluation de la politique du gouvernement en matière de développement des petites et moyennes entreprises, de l’économie sociale et de l’artisanat. Pour faire bénéficier à tous les Camerounais des actions liées à ses missions, ce département ministériel a réalisé d’importantes activités au cours des dix dernières années visant à promouvoir l’initiative privée et améliorer ainsi la compétitivité des petites et moyennes entreprises camerounaises. Mais également l’économie sociale et l’artisanat.

« Tout pour la PME »

C’est le maillon fort en même temps le reproche qu’on fait au ministère éponyme. En réalité la PME occupe une place centrale dans l’activité de ce département ministériel depuis sa création en 2004. Comment pouvait-il en être autrement ? Pris dans le tourbillon des programmes d’ajustement structurel initiés par les institutions de Bretton Woods, le Cameroun, dans les années 90, a vu fermer ses entreprises publiques et parapubliques les unes après les autres. Il doit aujourd’hui faire face à une importante dette intérieure dont une partie est liée à la fermeture de ces entreprises qui employaient des milliers de personnes. Pour éviter le désastre et redonner du sang neuf au tissu économique qui se déchirait, le système gouvernant du pays a du faire recours à son génie. La solution sortie du chapeau a été celle d’encourager l’initiative privée. Ainsi chaque année, des milliers d’entreprises de taille réduite sont créées - même si beaucoup disparaissent au bout de trois ans d’activités, suite à une trop forte pression fiscale. Elles sont aujourd’hui la colonne vertébrale qui soutient l’économie camerounaise qui finalement résiste bien aux soubresauts de l’économie et finances mondiales. On dit, d’ailleurs aujourd’hui, dans certains milieux spécialisés que : « c’est la PME qui sauve le Cameroun ». Pour y arriver il a fallu au pays d’arrêter une batterie de mesures qui allaient favoriser la création de ces petites structures mais ô combien importantes. Au rang desquelles, le guichet unique qui a été réorganisé et placé sous la tutelle de l’Agence de promotion des petites et moyennes entreprises, une autre structure mise en place dans le but de promouvoir l’esprit entrepreneurial.

Pour son opérationnalisation, les centres de formalités de création des entreprises (CFCE) ont été créés dans les dix régions du pays. Ces centres permettent aux opérateurs économiques de créer physiquement leurs entreprises en 72 heures. A cela il faut ajouter les centres de gestion agrées (CGA) qui accompagnent désormais les petites et moyennes entreprises dans leur comptabilité et leur fiscalité. Mais il y a aussi et surtout ce Programme d’Accompagnement des Petites Moyennes Entreprises Agricoles et Agroalimentaires (PMEEA) créé en 2014 avec l’appui de l’Agence Française de Développement et les incubateurs d’entreprises dans les universités publiques et grandes écoles camerounaises. Cerise sur le gâteau, pour accompagner et faciliter l’accès des PME au crédit, le Cameroun a créé en 2015 une banque spécialisée uniquement consacrée à ce secteur et dénommée Banque Camerounaise des PME (BC-PME). Mais les critiques ne manquent pas. Elles viennent le plus souvent des autres secteurs sous la tutelle de ce département ministériel et n’hésitent pas à dire que « tout est fait pour la PME » au détriment des autres. Ce que dément formellement Laurent Serge Etoundi Ngoa qui déclarait il y a quelques temps dans nos colonnes, interpelé sur la question : « Nous couvrons trois secteurs de l’économie de notre pays à savoir la PME, l’économie sociale et l’artisanat. Aucun secteur n’est le parent pauvre de nos activités. Certains secteurs ne font pas tout simplement l’objet d’une trop grande médiatisation. L’Economie sociale par exemple est partout et constitue une préoccupation quotidienne. Nous y consacrons beaucoup de temps et de moyens. Le problème avec ce secteur c’est qu’il dépend, en partie, d’un autre département ministériel notamment celui de l’agriculture. Mais c’est un secteur très important. » Il y a aussi et surtout l’artisanat qui mobilise les efforts et d’importants moyens au point de devenir l’un des principaux chantiers de ce département. A coup de salons et de foires, l’artisanat est devenu, depuis quelques années, la vitrine du ‘’Made in Cameroon’’.

Le Siarc, la vitrine du savoir-faire camerounais

Le Salon international de l’artisanat du Cameroun (Siarc), lui, est devenu au fil du temps, la vitrine de l’artisanat camerounais. A l’actif de celui-ci, les Etats-Unis d’Amérique constituent désormais la principale, et pas l’unique, destination des produits de l’artisanat camerounais qui font le tour du monde. Mis en vitrine via un espace commercial virtuel, de nombreux objets d’art sont demandés puis vendus à prix d’or. Ceci permet au pays de participer aux innombrables foires et autres salons organisés dans le monde. De par leur diversité, les œuvres d’art camerounaises sont prisées sur la scène internationale. Lors du dernier salon de l’artisanat de Ouagadougou au Burkina Faso (Siao 2016), le Cameroun a gagné quatre des cinq prix mis en compétition. Le pays compte multiplier le nombre de points de vente virtuels pour répondre de façon efficace à la forte demande et offrir des solutions à la réalisation, la diversité et la richesse culturelle du pays.

La 6ème édition dont le thème était : «L’artisanat africain et le commerce équitable : enjeux et perspectives», s’est tenue du 26 avril au 5 mai 2018 et a connu une forte participation d’exposants étrangers venus, selon les organisateurs,

du Maroc, de la Côte d’Ivoire, de Madagascar, du Pakistan, du Nigeria ou encore du Sénégal. Ces artisans étrangers ont rivalisé de savoir-faire avec un millier d’autres exposants locaux. Ce sont les filières images, édition et imprimerie ; les filières bois, métaux, cuir et peau, pierre et roche ; la filière construction de bâtiments et des travaux publics, sculpture, habillement qui, cette fois-ci, étaient de la partie. Il était question, durant cet évènement, de présenter le savoir-faire artisanal et le «Made in Cameroon» à l’international. Selon les experts ce rendez-vous est aujourd’hui à la fois festif, populaire, culturel, touristique, économique, et ouvert aux créations artisanales des cinq continents. Mais il faut dire que l’artisanat camerounais souffre d’un déficit de statistiques relatif aux effectifs réels des artisans. A cela s’ajoute le manque d’organisation et de structuration des acteurs du secteur qui, pour certains, ignorent les procédures douanières et les processus d’enregistrement au niveau local. Ce qui entraine de gros manques à gagner pour l’économie camerounaise. Toutefois les autorités rassurent : « tout est actuellement fait pour solutionner tous ces problèmes et mieux encadrer les artisans. »

Par Depe’s TARA