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Mar, Jui
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Le mobile money, un casse-tête pour les banques centrales africaines

Le mobile money, un casse-tête pour les banques centrales africaines

Depuis quelques années, le transfert d’argent via le téléphone mobile connu sous le nom de ‘’Mobile Money’’ est devenu une réalité dans plusieurs villes africaines. Grace au développement des technologies d’information et de communication (TIC), ce service de transfert d’argent et de paiement mobile inventé par les opérateurs de téléphonie semble beaucoup intéresser les populations et menacerait l’activité de certaines banques traditionnelles. Une situation que les banques centrales veulent régler au plus vite

La Banque des Etats de l’Afrique Centrale (BEAC) menace de sévir sur le mobile money. Le gouverneur de la BEAC, Abbas Mahamat Tolli, lors d’une conférence de presse le 22 mars dernier à Yaoundé, dans la capitale camerounaise, a indiqué que la Banque centrale reconnaît les transferts qui se font dans la zone CEMAC. « Mais logiquement, ce sont les banques qui doivent se charger des transferts en dehors de cette zone. Vous avez des opérateurs de téléphonie mobile qui, sans avoir l’autorisation, ou les contraintes auxquelles sont soumises les banques, font exactement l’activité des banques. Il faut mieux assurer ça », a dénoncé Abbas Tolli. Pour le gouverneur, la BEAC compte sévir dans ce domaine pour éviter des risques de blanchiment et d’évasion fiscale ou même le financement du terrorisme.

Les propos du responsable de la BEAC intervenaient ainsi quelques jours après la décision de la BCEAO (Banque Centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest) d’interdire les transferts de fonds entre les pays de l’Union monétaire ouest-africaine (UEMOA) et la France via Orange Money (service de transfert d’argent et de paiement mobile du groupe français Orange). L’interdiction vise à mettre fin aux opérations de transfert international d’argent qui sont hors du champ des activités qu’elles ont été autorisées à effectuer.

En fait, le document explicatif de la BCEAO stipulait que ces opérations relèveraient «exclusivement de la compétence des établissements de crédit installés sur le territoire d’un État membre de l’UEMOA ayant reçu la qualité d’intermédiaires agréés ». Ainsi, la BEAC va-t-elle emboîter  le pas à la BCEAO ? Et quelles peuvent être les conséquences de ces nouvelles positions des banques centrales ? Sachant qu’elles interviennent dans un contexte  où l’on assiste à un boom du mobile money qui favorise non seulement la bancarisation mais aussi facilite les transactions financières en Afrique.

Une étude du cabinet Boston Consulting Group publiée en 2015 a révélé qu’en Afrique subsaharienne, les services financiers sur mobile pourraient rapporter au moins 1,5 milliard de dollars d’ici à 2019 et viser un marché de 250 millions de personnes. Né en Afrique australe dans les années 2000, le Mobile Banking a atteint aujourd’hui toutes les régions du continent. La banque mobile est la nouvelle stratégie mise en place par les différents opérateurs de téléphonies mobiles qui est devenue une sorte de banque dans les poches qui permet le paiement par téléphone portable.

Par Ousmane DIENG