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Récurrence des accidents de circulation sur les routes camerounaises : A qui la faute ?

Récurrence des accidents de circulation sur les routes camerounaises : A qui la faute ?

Rien que pour ce mois de juillet, nous avons recensé plus de 100 morts sur les accidents de circulation signalés au Cameroun. Pas une semaine ne passe sans que de graves accidents n'emportent des vies sur les routes du Cameroun.

Sur les routes dites nationales, il n’est pas rare d’assister à des scènes d’accidents dramatiques à vous couper le souffle. Au vu des dommages causés, c’est à se demander très souvent pour qui se prennent certains usagers de la route.

Dans nos villes, pendant que vous êtes à l’arrêt à un stop ou feu tricolore, il y a toujours des usagers qui se croient plus malins ou qui se disent plus pressés et cherchent à se faufiler entre les files de véhicules, qu’importe le désordre qu’ils créent. Lorsqu’ils occasionnent un accident, ils sont les premiers à se plaindre et même à vous insulter. Que voulez-vous !

A Douala par exemple, pour peu qu’on ait appris à rouler en voiture ou à moto dans un quartier plus ou moins calme et sans trafic intense, on se dit As du volant ou du guidon et très rapidement on se croit capable de circuler au centre ville et bonjour les dégâts.

On sait aussi que bon nombre de faux permis circulent dans nos villes. Sous l’œil aveugle de nos forces de l’ordre, toutes choses qui ne permettent pas du tout de rouler en sécurité.

Les policiers et gendarmes de la circulation routière occupent aussi une grande part de responsabilité dans la cause des accidents. Au lieu de sanctionner, ils laissent partir les conducteurs qui ne sont pas en règle et qui commettent des infractions devant eux juste avec un billet de 1.000F CFA

Tout Camerounais le sait. Quand un policier ou un gendarme te demande ton permis de conduire après une infraction, il suffit d’insérer ce billet à l’intérieur. Il te laissera partir sans problème.

A cela s’ajoute le mauvais état de la route et de bien de véhicules qui fait que des accidents de la circulation routière, on en rencontre pratiquement tous les jours.

Il ne suffit pas de s’acheter un véhicule pour se lancer avec, mais aussi et surtout il faut veiller à son entretien courant. Des pneus usés au point de se confondre aux chambres à air, on en rencontre sur des véhicules qui roulent à tombeau ouvert. Des véhicules dont leur usage a été bannis sous d’autres cieux, transportant à toute allure des passagers et des marchandises, on en croise.

Mais aussi notons que, le plus grand nombre des propriétaires des voitures ne les emmènent pas aux centres agrées des visites techniques. Ils donnent juste une somme d’argent pour s’acquérir d’un justificatif de visite technique. Ce qui veut dire qu’il y a des faussaires au sein et hors du Service de contrôle des automobiles.

De grâce, un peu de respect pour la vie de ceux qui ont le souci de la sauvegarder. Nous ne pouvons pas parler d’accident de circulation sans mentionner le cas de nos fidèles abonnés à la casse que sont les taximen qui, par goût du profit, nous rendent la circulation difficile.

Ne soyez pas étonnés si un taximan vous « cogne » par derrière pour prendre un client. Ces taximen s’arrêtent comme bon leur semble en totale infraction. Combien de fois avons-nous assisté à ce genre de scènes ? Cela devrait nous inspirer la prudence dans la circulation.

Il est aussi banal de voir des gosses au guidon d’un vélomoteur, voire d’une moto taxi. Ces « morpions » le plus souvent ignorent tout du code de la route. Surtout pendant les grandes vacances scolaires où beaucoup de parents abandonnent leurs « gosses » à la circulation à leurs risques et périls. Et advienne que pourra ! Ce n’est pas vraiment aimer son rejeton que de lui offrir un engin qu’il ne maîtrise pas ou de le laisser se débrouiller dans cette jungle que sont les rues de nos agglomérations.

Un petit conseil aux marchands ambulants : se débrouiller, c’est bien mais le faire au prix de sa vie, nous pensons que cela ne vaut pas la peine.

L’insécurité routière dans notre cité est imputable à tous les usagers.

Le Cameroun est un pays de l’indiscipline. Ici, ni le conducteur, ni le piéton ne respecte le code de la route. Chacun ne se préoccupe que de ses intérêts personnels. Le chauffeur double les autres voitures comme il le veut ne se soucie jamais du code de la route. Il ne s’arrête jamais devant un feu rouge.

Un Camerounais dans la rue, marche comme il le veut, ne se soucie jamais du code de la route. Il traverse n’importe où, comme s’il n’existait pas de passage pour piéton ou de passerelles. Les passages pour piéton n'est pas respecté par les conducteurs des automobiles etc...

A côté de cette escalade des accidents dans nos cités, il y a l’insécurité due aux grands transporteurs qui, parfois par manque de vigilance ou de non maîtrise du volant conduit leurs passagers à faire un séjour dans un hôpital ou pire à se retrouver à trois mètres sous-sol.

On peut également s’interroger sur la praticabilité de nos routes. Combien de véhicules de transport en commun ou de marchandises se retrouvent roues en l’air pour avoir quitté la voie ? Les routes sont-elles bien entretenues ? Les accidents sont-ils causés uniquement par un mauvais comportement des usagers sur les routes ?

Autant de questions que plusieurs personnes se posent. La sensibilisation surtout celle qui s’adresse aux plus jeunes doit être un élément de leur éducation en milieu urbain. Ce devoir incombe à tous, en tant que parent.

Hugues SEUMO