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Mar, Déc
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Dossier, Refugiés : La leçon qui vient d’Afrique

Une information a vite fait le tour quelques rédactions occidentales et les réseaux sociaux il y a quelques mois accusant les autorités camerounaises de renvoyer manu militari des réfugiés nigérians chez eux et occultant par contrecoup tous les efforts que fait ce pays pour accueillir des milliers de réfugiés sur son sol.

L’accueil des refugiés en Afrique

L’Afrique est-elle devenue un paradis pour les refugiés ? La question mérite d’être posée quand on voit les images qui viennent de certains pays européens qui font face, eux aussi, à l’arrivée des migrants sur leur sol.

Crise des réfugiés: L’Ouganda plie mais ne rompt pas

Une grave crise des réfugiés frappe l’Ouganda, prévenaient fin mars 2017 l’ONU et le gouvernement ougandais.Tandis que la crise de réfugiés continue de se répandre partout dans le monde, l’Ouganda devient le théâtre de la crise migratoire la plus importante d’Afrique.

Crise des refugiés: L’insoutenable calvaire des migrants en France

A la différence de l’Ouganda ou du Kenya où les réfugiés sont accueillis avec enthousiasme, en France ils ne parviennent même plus à accéder à un centre de premier accueil. Ici les migrants dorment dans la rue, à quelques mètres de la circulation. Insoutenable.

Réfugiés en Afrique: La faible mobilisation de la communauté internationale

Les financements apportés par l’ONU, les organismes humanitaires pour aider les gouvernements dans la gestion réfugiés sur leurs territoires, se situent loin des attentes

Au cours de l'Assemblée générale des Nations Unies de septembre 2016, dont les travaux étaient consacrés en partie à la réponse des pays riches aux besoins humanitaires des réfugiés et des migrants, l’ancien président américain Barack Obama, avait décrit la crise des refugiés comme « un test de notre humanité commune. Nous devons reconnaître que les réfugiés sont le symptôme d'échecs plus grands, tels que la guerre, les tensions ethniques ou les persécutions. »  D'après les militants humanitaires, la croissance démographique, le changement climatique, l'urbanisation, la pénurie d'eau et l'insécurité alimentaire et énergétique, sont autant de défis actuels complexes et interconnectés, qui exacerbent les conflits. 

Selon Farhan Haq, le porte-parole adjoint du Secrétaire général de l’ONU,  « le nombre de réfugiés en Afrique a presque doublé, passant de 2,6 millions en 2011 à près de 5 millions en 2016. Alors que le financement des donateurs pour l’assistance aux réfugiés a augmenté au cours de cette période, il n’a pas suivi le rythme rapide des besoins, sous-financé, et cela a forcé la réduction de l’aide alimentaire pour certains groupes de réfugiés. » En novembre 2016, c’est avec soulagement que les ONG et les institutions déjà inquiètes de l’afflux de réfugiés sud-soudanais dans les camps ougandais, ont accueilli l’annonce d’une aide supplémentaire de 78 millions d'euros par le commissaire européen en charge de l'humanitaire, Christos Stylianides. Désormais, le pays dont le système de santé est sous pression (avec un médecin pour 24 000 citoyens, des dispensaires près des camps de réfugiés submergés, en particulier pour les soins de maternité) compte un total de 1,2 million de réfugiés.

L’aide couvre la moitié des besoins

Pour Amnesty International, il manquerait au total 8 milliards de dollars à l’Ouganda pour subvenir aux besoins élémentaires des réfugiés (dont au moins 86 % sont des femmes et des enfants) en eau, nourriture et hébergement dans les quatre ans à venir. Pour faire face à cet immense défi, l'Union européenne a annoncé débloquer plus de 200 millions d'euros en juin 2017 lors du sommet de la « solidarité » organisé sous l’égide des Nations unies à Kampala. La Banque mondiale injectera 250 millions de dollars au cours de l’exercice 2017 afin de venir en aide aux populations qui accueillent des personnes déplacées en République démocratique du Congo (RDC), en Éthiopie, à Djibouti, en Ouganda et en Zambie. Dans le Nord-est du Nigéria, qui accueille 1,8 million de personnes déplacées en conséquence de l’insurrection de Boko Haram, la Banque s’est engagée à verser un demi-milliard de dollars pour améliorer aussi bien leur accès que celui des communautés d’accueil aux soins de santé, à l’éducation et aux moyens de subsistance, et pour leur permettre de rentrer chez elles de leur plein gré et dans des conditions de sécurité. La Suisse a participé au sommet de Kampala en tant qu'observatrice, mais n’a pas pris d'engagement.

En 2015, plus de la moitié des dépenses du HCR en Afrique portaient sur les interventions d’urgence, tandis que 10 % seulement étaient consacrées aux solutions et aux moyens d’existence. Le budget à l’issue de l’évaluation complète des besoins de 2016 pour l’Afrique, approuvé en octobre 2015 par le Comité exécutif du Programme du Haut Commissaire, était de 2,29 milliards de dollars. En janvier 2016, ce budget a augmenté de 197 millions de dollars au titre des budgets supplémentaires en réponse aux situations au Burundi (155 millions de dollars) et au Yémen (42 millions de dollars. Malgré ce relèvement du budget, le Haut-commissaire pour les réfugiés de l'ONU, Filippo Grandi, relevait que les fonds disponibles s'élevaient à 3,76 milliards de dollars américains, soit la moitié des besoins.  Toutefois, l’organisme avait estimé qu’une augmentation des ressources serait nécessaire pour la poursuite de la recherche de solutions durables en faveur des centaines de milliers de personnes déplacées à travers le continent.

Soigner les causes et non les symptômes

L’objectif des organisateurs du Sommet de solidarité avec les réfugiés – le gouvernement ougandais, l’ONU, des chefs d’État de la région et les bailleurs de fonds internationaux – était de parvenir à récolter 2 milliards de dollars (1,8 milliard d’euros) pour faire face aux besoins de financement de l’année à venir. Pour les quatre prochaines années, les besoins ont été estimés à pas moins de 8 milliards de dollars (7,1 milliards d’euros) sur les quatre prochaines années.

Plus de 947 000 Sud-Soudanais sont actuellement abrités en Ouganda, selon les chiffres du Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR). Désormais, le pays compte un total de 1,2 million de réfugiés. Et le besoin de financements est d’autant plus pressent que l’ONU estime que 500 000 Sud-Soudanais supplémentaires pourraient arriver en Ouganda au cours de l’année. « Nous traitons les symptômes, mais les causes profondes de cette violence doivent être réglées. C’est ce qui force les gens à fuir leur terre », a pour sa part déploré Wadri Sam Nykua, représentant du gouvernement ougandais à Arua, le district où se trouve le camp d’Imvepi. La reprise des affrontements à Juba, la capitale du Soudan du sud, en juillet 2016, qui avaient mis à bas l’accord de paix signé en août 2015, a provoqué des déplacements massifs de populations. Depuis juillet 2016, 743 000 sont arrivés en Ouganda, soit une moyenne de 2 000 par jour. Symbole de cette situation : le camp de Bidibi, ouvert en août 2016, est devenu le camp de réfugiés le plus grand du monde moins de six mois plus tard, avec pas moins de 270 000 personnes qui y sont hébergées.

Par Benoit Dubois ONANA

Selon les chiffres des Nations unies et des organisations humanitaires, l’Afrique abrite les deux plus grands camps de déplacés au monde et continue d’en accueillir.

Les pays européens font face, depuis la dégradation de la situation sociopolitique dans certains pays arabes, à un afflux de réfugiés sans précédent en provenance de Syrie, d'Irak, ou d'Afghanistan, etc.

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