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BENIN : Albert Tévoédjrè, intellectuel et homme politique, est décédé

Le Bénin perd l’une de ses grandes figures intellectuelles et politiques. Le professeur Albert Tévoédjrè est mort ce matin à Porto-Novo. Il allait avoir 90 ans.

Cet ancien fonctionnaire du Bureau international du travail, grand homme de culture, brillant orateur, homme politique, aura été un témoin et un acteur de tous les grands épisodes de la vie politique dahoméenne et béninoise. Il a tout connu : les années d’indépendance, la révolution et le renouveau démocratique.

En 1989 déjà, lors d’un colloque international qu’il organisait à Porto-Novo, il réclamait au pouvoir marxiste de l’époque une ouverture démocratique. Un an plus tard, en février 1990, et sous la pression populaire, Mathieu Kérékou convoquait la conférence nationale. Albert Tévoédjrèdésigné rapporteur présentera les conclusions dans un style flamboyant et osé. C’est de cette tribune qu’il lance sa célèbre formule, « nous avons vaincu la fatalité ».

L’Afrique lui rend hommage

Tévoédjrè, c’était aussi un laboratoire d’idées et de projets, ce qui fait qu’il est parfois assimilé à un rêveur. Il disait rêvé grand pour son pays et l’Afrique. Il s’était présenté en 1991 à l’élection présidentielle sans succès. En politique, il était redoutable et pouvait rendre des coups. En 1996, il était allé chercher dans sa retraite l’ancien président marxiste, Mathieu Kérékou pour battre Nicéphore Soglo. Malgré son âge,il ne s’était jamais vraiment retiré de la vie publique. Trois verbes le résument : servir, exister et compter. Il allait fêter ses 90 ans le 10 novembre prochain. Ses proches préparaient, pour l’occasion, une grande fête. Ils célébreront plutôt sa vie riche d’enseignements et d’engagements. L’Afrique intellectuelle et politique lui rend hommage. Le président du groupe d’études et de recherches sur la démocratie et le développement économique et social (Gerddes-Afrique), a reconnu le sens patriotique du disparu. Pour Sadikou Alao, « le professeur Albert Tévoédjrè est un aîné inoubliable qui allie fidélité et convictions patriotiques ». Théophile Yarou, un politicien béninois écrit pour sa part : « Un baobab est tombé aggravant l’acuité de la sécheresse dans un environnement déjà désert de compétences ! Professeur Albert Tevoedjre, tels Albert Camus ou Albert Einstein ou encore Albert Uderzo est un sachant, un savant de renommée internationale. Sa disparition est une perte énorme pour la nation et pour le monde. La dernière visite que lui ai rendu à son domicile de Adjati, Porto-Novo, Théophania, Maison Africaine de la Paix, remonte au mois de mars 2019 où j’ai rencontré un homme certes fatigué, écrasé par le poids de l’âge, mais disposant de toutes ses facultés mentale, intellectuelle, psychique et spirituelle. Le 25 octobre 2019, après un bref échange téléphonique essentiellement constitué de conseils, l’homme sollicita mon soutien pour le Chapelet organisée à mon intention au Sanctuaire Notre Dame. C’est donc avec beaucoup de consternation que j’ai appris la mort de l’un de mes Pères politiques et Spirituels.
Dors bien Papa, Reposes-toi !
 »

Né le 10 novembre 1929 à Porto-Novo, Albert Tévoedjrè a été un ancien député de l’Assemblée nationale du Bénin. Par ailleurs il occupa les fonctions de ministre du pan, de la restructuration économique et de la promotion de l’emploi de son pays avant d’être le représentant du Secrétaire général des Nations Unies Kofi Annan pour assister les protagonistes de la crise en Côte d’Ivoire de 2003 à 2005.

Par Ousmane DIENG