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Rendez-vous littéraire: Jeunesse Africaine et Littérature

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Entretien avec Prince Djungu, membre du Collectif de Jeunes Congolais de Belgique. Il présente le rendez-vous littéraire : Jeunesse Africaine et Littérature qui aura lieu ce vendredi 15 avril 2016, à 17 heures dans les locaux de l'Horloge Sud, situé Rue du Trône 141, à 1050 Bruxelles. Cela va faire bientôt 15 ans que Prince vit en Belgique.

Entretien avec Prince Djungu, membre du Collectif de Jeunes Congolais de Belgique. Il présente le rendez-vous littéraire : Jeunesse Africaine et Littérature qui aura lieu ce vendredi 15 avril 2016, à 17 heures dans les locaux de l'Horloge Sud, situé Rue du Trône 141, à 1050 Bruxelles. Cela va faire bientôt 15 ans que Prince vit en Belgique. Titulaire d'un master en information et communication de l'Université Catholique de Louvain-la-Neuve. Il a toujours été passionné par le monde des médias et actuellement il essaie d'être actif dans l'associatif, plus précisément dans l'engagement et la prise des consciences des jeunes d'ici et même de la République Démocratique du Congo dont il est originaire.

Rencontre

Prince Djungu, vous faites partie du Collectif de Jeunes Congolais de Belgique. De quoi s'agit-il exactement?

Le Collectif est une ambition, un défi, un challenge que moi et certains de mes amis nous nous sommes donnés: celui d'essayer de mettre ensemble, de mutualiser nos forces et nos énergies. Nous avions constaté que beaucoup parmi nous avaient le souci d'agir et même de réagir face à certains défis d'ici et de notre pays d'origine. Nous avions aussi remarqué que beaucoup aussi agissaient, étaient actifs, mais de manière isolée. Notre ambition est donc celui-là: fédérer la jeunesse congolaise de Belgique (et pourquoi pas la jeunesse africaine de Belgique plus tard), afin qu'elle devienne une force, un peu dans l'optique de la devise du pays dans lequel nous vivons actuellement.

Ce 15 avril, le Collectif organise donc son tout premier événement. Est-ce bien ça?

Il ne s'agit pas de la première activité du Collectif mais de sa deuxième. Nous avions déjà organisé le 27 juin 2015, en commémoration avec la fête de l'indépendance de la RDC et la journée de l'enfant africain.  Le thème que nous avions choisi était: "Réfléchir pour agir. Il s'agissait simplement pour nous de voir comment nous jeunes, après avoir entendu nos parents et grands-parents invités (dont certains ont connu l'époque de l'indépendance) pouvions tirer profit de leur expérience pour agir et relever les défis qui sont les nôtres aujourd'hui. L'activité que nous organisons ce 15 avril 2016 est donc quelque part une suite logique de celle du 27 juin 2015. Elle aura lieu à l'Horloge du Sud (endroit bien connu désormais de la communauté africaine), à 17 heures.

S'il fallait faire un bref résumé de présentation du livre Biko Aye?

Le meilleur des résumés sera fait le 15 avril 2016 au cours de la deuxième partie de notre activité. Mais si je dois résumer le livre en deux phrases, je paraphraserai l'auteur en disant: "Le droit de vivre, le devoir de se révolter. Biko aye?, Ce sont des notes de voyage. Des notes de voyage de l'auteur qui, tel un fils prodigue, regagne son bercail après plus de vingt ans d'absence. il  retrouve son pays, sa terre natale mais surtout les gens qu'il a connu. Ceux-ci n'ont que deux mots en bouche: "Biko aye?, ce  qu'on pourrait traduire par "comment ça se passe" ou comme aiment dire nos frères camerounais " C'est comment?"...

On ne peut faire omission de Charles Djungu Simba, l'auteur du livre, grand écrivain et éventuellement, votre papa. Vous sentez-vous de faire une petite description de l'homme?

Charles Djungu Simba père et Charles Djungu auteur ont un point commun : tous deux sont des personnes très exigeantes. Exigeantes dans leur travail, exigeantes surtout envers elles-mêmes. Ce sont des hommes de principe. L'écrivain Charles Djungu Simba est un monsieur qui m'a toujours épaté. Je vous recommande par exemple de lire un de ses romans intitulé : "On a échoué", écrit en 1991  (je l'ai relu récemment et je soupçonne l'auteur d'avoir des dons de devin, tant certaines choses racontés dans ce livre sont encore d'actualité aujourd'hui). Pour moi, il est à classer parmi les grands  écrivains africains congolais modernes et en tant que fils, c'est donc une raison de fierté et de motivation supplémentaire dans certains challenges de ma vie.

Il est parfois reproché à la génération actuelle de ne pas beaucoup lire. Comment comptez-vous amener les jeunes à embrasser l'œuvre "Biko Aye"?

Une de mes connaissances a souvent l'habitude de dire: "La lecture est la nourriture de l'esprit". Si ce que vous affirmez est vraie (que la génération actuelle ne lit pas beaucoup), alors de nombreux esprits risquent de mourir affamés (rires). La génération actuelle ne lirait pas beaucoup ? Peut-être que c'est à ceux qui écrivent de faire un effort pour inciter ces jeunes à lire ? Soit par le choix des thèmes, soit par la façon d'écrire. C'est l'une des originalités de cette œuvre.  À défaut de les amener à embrasser le livre, je les inviterai plutôt à le déguster.

Lors de votre interview sur Radio Air Libre ce 9 avril 2016, vous avez évoqué la réappropriation des langues africaines. Quel est le lien avec votre événement et en quoi est-ce important pour vous d'aborder cette problématique.

L'activité du 15 avril 2016 tourne autour du thème suivant : "Jeunesse africaine et littérature, défis et devoir citoyens". Pour être plus concret, l'activité sera ponctuée de deux temps. Au cours du premier, nous avons choisi de donner la parole à 4 panélistes dont deux écrivains: Natou Pedro Sakombi et Bienvenu Sene Mongaba ; ainsi qu'à deux responsables d'asbl : Pitchou Matouasilua et Elozi Lomponda. La présentation du livre Biko aye constituera le deuxième temps. Quel est le lien des langues africaines avec notre événement ? Le premier lien est assez simple: Le litre du livre, "Biko aye ?" est en swahili. Pourquoi est-ce que l'auteur a fait ce choix ? C'est donc là l'une des questions que nous nous sommes posés quand nous préparions notre événement.  Parmi les buts que nous nous sommes donnés pour cette activité, il s'agira de prendre conscience de nombreux défis qui sont les nôtres, aussi bien ici où nous vivons que là d'où nous venons. Relever ces défis, nécessite d'avoir des armes conséquentes. L'une d'elle passe par la  (ré) appropriation de notre identité. Nos langues en sont l'un des moyens.

Vous mettez la Jeunesse au cœur des engagements du Collectif. Pourquoi ce choix?

Peut-être par ce que les aînés ont échoué ? Je fais référence ici au roman de Charles Djungu Simba dont j'ai parlé précédemment (rires). Plus sérieusement, selon nous, la jeunesse africaine a besoin encore plus aujourd'hui de faire entendre sa voix. Partout, les jeunes font toujours  preuve de beaucoup de détermination à relever de nombreux défis mais ils sont parfois frustrés  à cause de multiples obstacles. Le changement dans nos sociétés que beaucoup prônent, espèrent et veulent ne peut pas se faire sans les jeunes. Ils sont les acteurs clés, ce sont eux les moteurs du changement.

Quel est le dernier livre, autre que Biko Aye, que vous avez lu?

Voudriez-vous par hasard laisser entendre que je n'ai plus lu de roman à part "Biko aye?" (Rires). Actuellement, je suis en train de relire : "Dieu est un pote à moi", de Cyril Massarotto. C'est l'histoire d’un jeune homme de 30 ans, qui a une vie assez banale, sauf en un seul point: Il va rencontrer Dieu, qui au fil de l'histoire va devenir son meilleur pote. Ce n'est pas du tout un livre religieux. Avec Dieu, il parle, il rigole, il se dispute. Dieu est présent dans tous les moments de va vie, même les plus noirs. Mais il se pose sans cesse cette question : Pourquoi lui? Pourquoi Dieu l’a choisi entre tous les hommes comme meilleur ami? C'est un récit plein de tendresse de bons sentiments et humour.

prince djungu

Ralf Touomi