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Cuba: Fidel Castro, Alep… l’indigeste propagande occidentale

Amérique Latine & Caraïbes
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Le petit monde médiatique continue de fonctionner comme à la belle époque comme si les réseaux sociaux ne lui faisaient pas une bénéfique et coriace concurrence.

 

Le petit monde médiatique continue de fonctionner comme à la belle époque comme si les réseaux sociaux ne lui faisaient pas une bénéfique et coriace concurrence. Ce monde-là continue de ronronner tranquillement sans voir les noirs nuages qui s’accumulent dans un ciel en colère comme disait jadis leurs ancêtres les Gaulois.

Il a connu ses derniers déboires avec les élections de Trump et de Fillon aux primaires de la droite. Son aveuglement et sa cécité l’ont exposé à la risée des gens, mais il continue de plus belle comme si de rien n’était. Comment diable, des gens non dénués d’intelligence et de culture dont le travail est de scruter les moindres mouvements ou bruissements des sociétés, comment diable osent-ils se transformer en de médiocres propagandistes ? Pris la main dans le sac comme un enfant ayant fait une bêtise, ces gens-là préfèrent inventer n’importe quel prétexte que de reconnaître qu’ils sont formatés pour être la voix de maîtres "invisibles".

Voyons quelques évènements relatés par ce monde enfermé dans sa tour d’ivoire où tel un corbeau croasse des sons des opinions faites d’arrogance et d’une certaine ignorance… Il pense ainsi culpabiliser le lecteur en mettant l’accent sur sa prétendue insensibilité. Le lecteur aimerait bien voir ces faiseurs d’opinions et les entendre hurler leur colère, s’agissant de la Palestine par exemple ou bien en harcelant ces Emirs qui écrabouillent les Yéménites.

La mort de Fidel Castro leur a donné l’occasion d’étaler une nouvelle fois leur "savoir-faire" en le présentant comme un dictateur. Ils lui préfèrent peut-être les Caudillos et autres généraux de l’Amérique Latine dont ce continent s’est enfin débarrassé grâce à la révolution cubaine. Oui Castro et le Che sont des figures emblématiques qui ont pris d’assaut une forteresse de la dictature ouvrant ainsi le chemin de l’espoir et de la victoire à tout un continent. Tournant le dos à ces vérités, ceux qui squattent certains médias, sans rougir mais dont le visage dessine la vieille et morne hypocrisie de leur monde moisi osent qualifier Castro de criminel. Evidemment ils ont oublié de rappeler que le dictateur déchu par Castro avait offert à la mafia américaine le pouvoir de transformer le pays en quartier général de la drogue et de la prostitution. Evidemment, ils ont aussi omis de rappeler que Castro a bataillé dur pour que tous les Cubains accèdent aux soins de santé et d’aller à l’école. Ces commentateurs, toute honte bue, ont omis de rappeler que leur Oncle Sam tant admiré a voulu affamer tout un peuple en le soumettant à un embargo dans la tradition de la piraterie qui sévissait jadis dans la région. Et oui Castro a résisté à cet embargo, et qui plus est, avait humilié la CIA qui voulait reconquérir Cuba en avril 1961 à l’aide de mercenaires. Les agents de la désinformation d’aujourd’hui ont beau distillé leur venin, l’Histoire a rendu son verdict, une prémonition de Castro lui-même qui avait dit à ses juges "l’Histoire m’acquittera" (octobre 1953). "Nos" commentateurs ne savent pas que les révolutions sont au sens étymologique des bouleversements qui entrainent de la casse. En revanche, ils n’hésitent jamais de dédouaner les contre-révolutions et les guerres impérialistes qui provoquent des tragédies au nom des intérêts économiques et de sécurité nationale du monde dit "libre".

Quant à la Syrie, "nos spécialistes" du bourrage de crânes ont dépassé les bornes de la bêtise et de la haine. Ils ont cru que l’opinion allait avaler leurs bobards. Aujourd’hui ils se plaignent que leur travail "d’informations" n’ait pas déclenché un mouvement de solidarité avec Alep assiégé. Leur inculture de l’histoire de la Syrie couplée à leur ignorance de l’art militaire, les ont poussés à débiter des balivernes pour faire croire que le régime d’Assad en avait pour quelques mois. Leur dévotion à la politique de leur gouvernement les amené à qualifier des opposants de "rebelles" accomplissant une "révolution". Triturer les mots pour manipuler les consciences n’a pas réussi à masquer l’identité et la nature politique de ceux qu’ils qualifient de "révolutionnaires".

A voir ceux qui les soutiennent en armement, en hommes et en nourritures, l’opinion s’est rendu compte qu’on prenait les gens pour un ramassis d’abrutis. Il faut vraiment être culotté pour faire passer ces opposants de "révolutionnaires" (**) soutenus par les pires féodaux de la planète lesquels ont fait appel à leurs parrains occidentaux, contents de se faire payer en pétrole et de vendre des armes de leur quincaillerie. Un Occident d’autant plus intéressé à demeurer dans ces contrées qu’il se sent menacer par des puissances émergeant de la région et par de grandes puissances étrangères. Ces féodaux et leurs amis occidentaux ont oublié que l’époque des tribus de Béni Hillal(*) est révolue. Aujourd’hui, la Syrie qui fut un carrefour de tant de civilisations vit avec son époque. Elle a un véritable Etat et de vrais alliés. En face, on trouve des féodaux incapables de défendre leur propre territoire national, régis par des règles de tribalismes, nourris de fantasmes moyenâgeux, soutenus par des "amis" qui les méprisent et qui ne veulent pas mourir pour leur beaux yeux. Pour avoir ignoré ces faits de l’histoire et des réalités de notre époque, ces féodaux connaissent l’amer goût de leur dé/confiture.

En dépit de aides de grandes puissances qui ont déversé sur eux armes et dollars, la défaite de leurs "révolutionnaires" et de leurs parrains s’explique par la nature de leur idéologie. Ils ont oublié qu’une guerre révolutionnaire obéît à des considérations politiques et idéologiques précises. Ces "révolutionnaires" ont cru qu’il était possible de transformer en un tour de main un soulèvement populaire à l’origine en une véritable armée (de mercenaires) occupant villes et villages. Ils ont cru qu’ils allaient avoir l’adhésion du peuple lequel allait accepter d’échanger un dictateur en costume-cravate contre un dictateur barbu. Ils ont cru que les peuples arabes allaient leur manifester leurs soutiens comme ils l’ont fait hier pour l’Algérie et aujourd’hui pour la Palestine. Tragique erreur ! Aller à contre-courant du fleuve de l’Histoire, méconnaitre l’essence du Politique et de l’art de la guerre, mépriser le peuple en s’en servant uniquement comme chair à canon, mène droit à la défaite. Ils ont oublié qu’un peuple accepte de mourir pour vivre sur terre et non pas se nourrir de fantasmes infantiles en attendant d’être happé par "l’éternité".

Dire ces choses ne signifie nullement être insensible à la tragédie du peuple syrien. Dire ces choses ne veut pas dire qu’on oublie la nature répressive du régime baathiste. Dire ces choses, c’est espérer qu’il est temps de laisser le brave peuple syrien choisir enfin la voie et les moyens d’établir la démocratie. Et celle-ci ne risque pas d’émerger avec des "révolutionnaires" que chérit la propagande occidentale. Cette propagande devrait se pencher plutôt sur les raisons qui nourrissent le vieux monde des Trump et autre Marine Le Pen. Comprendre pourquoi une partie des classes populaires vote pour ce monde moisi. Alors messieurs les propagandistes, essayer de moins dépenser d’énergie en mentant sur la Syrie et la Palestine. Réserver un peu de votre énergie et consacrer-là à dire des vérités sur la flambée des idées enveloppées dans l'emballage de chemises noires… Encore faut-il le vouloir et descendre de votre piédestal si confortable.

Ali Akika, cinéaste

* Béni Hilal, tribus originaires du fin fond du désert d’Arabie, parties à la conquête de territoires, épopée qui les a amenés jusqu’au Maroc. Ils ont laissé dans la mémoire des peuples un souvenir de brigands de grands chemins quand bien même ils se sont sédentarisés dans des contrées qu’ils ont administrées.

** Les commentaires de lecteurs dans des grands quotidiens montrent que ces derniers ne se laissent pas berner par les omissions et les contradictions des articles de presse dont la seule source est une officine de l’opposition basée à Londres. Le fait qu’ils ne puissent pas être sur le terrain aurait dû rendre les journalistes un peu plus prudents et moins péremptoires dans leurs "analyses".